Bloquer les lymphocytes T du système immunitaire protège le tissu cérébral dans la maladie d'Alzheimer, sans éliminer la protéine toxique
Des chercheurs de l'université de Washington à Saint-Louis ont découvert que le blocage de CXCR3, une protéine qui aide les lymphocytes T à pénétrer dans le cerveau, a permis de préserver environ 40 % de tissu supplémentaire dans les centres de la mémoire et d'améliorer la mémoire chez des souris présentant une accumulation de tau, sans pour autant réduire le tau lui-même. L'étude, publiée dans la revue Neuron, désigne la réponse immunitaire comme un facteur majeur de la neurodégénération, indépendant de l'accumulation de protéine toxique.
Des chercheurs de l'université de Washington à Saint-Louis ont publié en octobre 2026, dans la revue Neuron, une étude montrant que le système immunitaire — et non seulement l'accumulation de la protéine tau toxique — est un facteur majeur de la neurodégénération dans la maladie d'Alzheimer et les tauopathies associées. L'équipe a constaté que les lymphocytes T, un type de cellule immunitaire, infiltrent le tissu cérébral en réponse à l'accumulation de tau et attaquent les neurones. En administrant un anticorps qui bloque CXCR3, une protéine présente à la surface des lymphocytes T qui les guide vers le cerveau, les chercheurs ont réduit d'environ la moitié l'infiltration de lymphocytes T chez des souris présentant une pathologie tau. Le résultat est frappant : les souris traitées ont préservé environ 40 % de tissu cérébral supplémentaire dans les centres de la mémoire et ont obtenu de bien meilleurs résultats aux tests de mémoire, bien que la charge en tau elle-même n'ait pas été réduite. Cette découverte est importante car la plupart des stratégies médicamenteuses contre Alzheimer ont ciblé soit les plaques amyloïdes, soit les enchevêtrements de tau, avec un succès limité. Cette recherche suggère que l'interruption de l'attaque des cellules immunitaires contre les neurones pourrait constituer une voie thérapeutique indépendante et complémentaire. Un autre avantage pratique est que l'anticorps agit sur les lymphocytes T dans le sang avant qu'ils ne traversent la barrière vers le cerveau, ce qui pourrait permettre de contourner les difficultés liées à la barrière hémato-encéphalique qui ont entravé de nombreuses thérapies neurologiques. L'auteur principal, le Dr David M. Holtzman, a déclaré que ces résultats justifiaient de poursuivre le développement clinique.
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