Le pétrole recule après ses plus hauts niveaux en six mois, le Qatar servant de médiateur entre les États-Unis et l'Iran
Le baril de Brent a chuté de 2,21 dollars, soit 1,89 %, à 114,51 dollars lundi, alors que des médiateurs qataris se rendaient à Téhéran pour tenter une désescalade entre les États-Unis et l'Iran, même si les analystes ont prévenu que ce répit pourrait être de courte durée.
Les prix du pétrole ont reculé lundi après avoir grimpé la semaine précédente à des niveaux proches de leurs plus hauts en six mois. Les contrats à terme sur le Brent ont chuté de 2,21 dollars, soit 1,89 %, à 114,51 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a perdu 2,23 dollars, soit 2,16 %, à 101,04 dollars. Les deux références avaient gagné respectivement environ 6 % et 2,3 % la semaine dernière, portées notamment par les attaques houthies contre des infrastructures saoudiennes.
Dimanche, des médiateurs qataris se sont rendus à Téhéran dans le cadre d'un effort coordonné par les États-Unis visant à apaiser les tensions régionales. Malgré cette activité diplomatique, les forces houthies soutenues par l'Iran ont frappé samedi un aéroport saoudien ainsi que des installations pétrolières, et l'Arabie saoudite a annoncé dimanche avoir intercepté d'autres missiles et drones.
Vandana Hari, fondatrice du cabinet d'analyse du marché pétrolier Vanda Insights, a averti que l'apaisement observé lundi pourrait ne pas durer, rappelant que le président Trump n'a pas exclu de frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre. « Nous nous attendons donc à ce que la volatilité reste élevée, avec des risques toujours orientés à la hausse », a-t-elle déclaré.
La guerre américano-israélienne contre l'Iran, débutée le 28 février, a perturbé le transport commercial via le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb. Priyanka Sachdeva, de Phillip Nova, a estimé que ce repli des cours reflétait « des ajustements de positions et une gestion du risque, plutôt qu'une réelle amélioration de la situation de l'offre sous-jacente ».
Le directeur de l'AIE, Fatih Birol, a déclaré lundi lors d'un événement sectoriel à Singapour qu'il ne s'attendait pas à ce que les marchés de l'énergie retrouvent en 2027 leurs niveaux d'avant-guerre. Par ailleurs, l'Arabie saoudite et Singapour ont annoncé que le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco commencera à stocker du brut à Singapour à partir du second semestre 2027 afin de renforcer sa chaîne d'approvisionnement régionale.
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