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Sciences & tech · 10 octobre 2026 · theconversation.com

Une étude révèle des angles morts dans la recherche sur les points de basculement climatique, au détriment des systèmes qui se réchauffent le plus vite

Une analyse portant sur plus de 20 000 études révèle que les scientifiques se sont massivement focalisés sur la glace du Groenland et la circulation atlantique, tout en négligeant des systèmes tout aussi vulnérables comme le pergélisol boréal et le tourbillon subpolaire de l'Atlantique Nord.

Une étude publiée dans la revue PNAS, mise en avant le 10 octobre 2026, montre que la recherche climatique se concentre de façon inégale sur les systèmes les plus susceptibles de faire basculer la planète vers un nouvel état. Les chercheurs ont passé en revue 20 736 publications scientifiques portant sur 14 « éléments de basculement » climatiques, publiées entre 2000 et 2025, et ont constaté que seulement 8,1 % environ de ces travaux examinaient explicitement les dynamiques de basculement, comme le caractère abrupt ou irréversible des changements.

L'attention s'est concentrée sur l'inlandsis du Groenland et la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC), tandis que le dégel abrupt du pergélisol boréal et le tourbillon subpolaire de l'Atlantique Nord ont fait l'objet de beaucoup moins d'études, malgré des seuils de réchauffement estimés tout aussi bas : environ 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels pour le pergélisol et le Groenland, et environ 1,8 °C pour le tourbillon subpolaire.

Les auteurs avertissent que les évaluations des risques alimentant le prochain rapport AR7 du GIEC, ainsi que les négociations climatiques de la COP31 à Antalya en novembre, pourraient sous-représenter systématiquement certaines des rétroactions les plus dangereuses et les moins bien comprises du système terrestre. L'étude est publiée quelques jours avant une réunion plénière du GIEC à Addis-Abeba, chargée de fixer le calendrier de l'AR7, ce qui lui donne un poids politique inhabituel.

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